Actus

09/05/2013

70.3 Ste Croix: le bike

posté à 10h39

Salut

 

Je reprends là où je vous avais laissé. La partie vélo.

Mais revenons à la veille au soir. 17h. Le ciel commence à s’assombrir nettement, le tonnerre retentit. Je ne le sais pas encore mais l’orage tropical qui s’abat sur l’île va durer 8h. C’est des trombes d’eau qui ruissellent. La route devant l’hôtel est impraticable avec 30cm d’eau.

La course va-t-elle être maintenue ? Je m’endors dans l’incertitude quant au lendemain.

Finalement la météo se sera calmée… Le problème c’est que la pluie torrentielle a tout raviné et ramené énormément de terre et de cailloux sur l’ensemble du parcours vélo. Par endroit c’est réellement sur la terre que nous roulerons et il y aura légion de crevaison.

J’ai décidé de prendre un boyau de rechange et une bombe anticrevaison soit potentiellement de quoi réparer deux fois... Seulement deux fois…

Retournons dans l’aire de départ… je pousse mon vélo et saute dessus pour m’élancer sur les 90km du parcours. C’est l’un des parcours les plus exigeants que je connaisse car vous êtes tout le temps en prise : plat, succession de courtes montées et de descentes assez traîtres sur un revêtement soit excellent soit complètement pourri. Bref la vigilance est de tous les instants.

Dès la sortie de la ville nous passons sur une coulée de terre et cailloux large d’environ 10m. Les premiers à avoir crevé sont déjà en train de réparer au bord de la route…

Je vais faire comme sur l’ensemble du parcours : essayer d’alléger au maximum le vélo, ne pas l’incliner pour ne pas exposer les flancs des boyaux plus fragiles que la bande de roulement et surtout je vais les nettoyer après chaque zone suspecte. Je passe ma main sur le dessus du boyau en continuant à rouler : facile pour l’avant, un peu moins pour l’arrière au deuxième essai j’arrive à me coincer le doigt entre le boyau et le frein. Ca réveille je vous assure. Ce petit manège me freine un peu mais, à tort ou a raison ça me rassure.

Je double, je double et double encore. Je suis surprise mais je suis dans les objectifs de watts que Stéphane m’a fixé donc goooo. Chaque petite descente est l’occasion de creuser un peu les écarts car je prends pas mal de risques (enfin par rapport aux américains qui sont vraiment frileux de ce point de vue). De temps en temps un mec me passe …

Km 30 arrivée au bas de The Beast, je suis avec une fille (pas de mon GA) que j’ai rattrapé quelques km auparavant. Petit plateau et en avant pour mouliner. Grosso modo à part 1 ou 2 gars plus véloces, nous sommes tous scotchés. C’est nettement moins facile que lors de la reco…  Va falloir que ça passe de toute façon, pas d’affolement. Un homme met pied à terre devant moi ! Je passe en danseuse sur le 34-28 quand je vois la concurrente dont je vous parlais me passer EN POSITION AERO arc boutée sur ses pédales certes mais en position aéro !! J’en reviens pas !

Elle me prendra finalement une petite dizaine de mètres au sommet de la « bosse ».

Ce qu’elle ne sait pas c’est que je suis finalement montée « en dedans » et que c’est maintenant que je vais relancer. Je la double ainsi que de nombreux autres concurrents un peu séché par cet effort violent.

 

Direction l’ouest de l’île. Les crevaisons continuent à faire énormément de dégâts et il n’y a pas un km sans quelqu’un arrêté au bord de la route en train de bricoler. L’assistance en course est assez efficace : les mecs à moto aident à réparer et ce sera la solution pour pas mal de personnes (au moins temporairement).  Dans le cas contraire des pick-up (voiture avec une benne ouverte) vous ramènent vous et votre vélo au départ.

Jeanne Collonge alors en seconde position de la course dans The Beast en fera malheureusement l’expérience. Après avoir réparé une première crevaison, elle se verra dans l’incapacité de pallier à la seconde dans des délais raisonnables et fera donc un très triste tour dans la « benne ». Vraiment dommage c’était une course pour elle vu sa difficulté.

Je continue mon chemin toujours concentrée à nettoyer mes boyaux, à m’alimenter et à rester dans les zones de puissance demandées par Stéphane. Je pense être vraiment dans un bon rythme. L’objectif est de faire un temps équivalent à celui de Linda Guinoiseau l’an dernier 2h51. Je fonce quand brrrrroum le tonnerre et des pluies torrentielles s’abattent sur nous. Je ne vois franchement plus grand-chose et le freinage sur jantes carbone devient plus qu’aléatoire…Alors qu’habituellement le freinage « sèche » la jante puis devient efficace, là rien ou presque ne se passe. Je manque de faire un tout droit dans le premier virage. Chaud !

Les autres concurrents autour de moi lèvent le pied. Je continue sur le même rythme et en reprends encore quelques uns. 45’ plus tard le ciel s’éclaircit à nouveau. Je suis toujours en tête de mon GA et suspecte fortement avoir augmenté mon avance mais je commence à sentir des crampes tétaniser mes quadriceps ! C’est une première ! J’essaye de ne pas emmener trop gros et de m’étirer dans les descentes. Honnêtement ça ne fonctionne pas bien et j’ai vraiment hâte de poser le vélo !

 

Ca y est je vois l’aire d’arrivée ! Pas de crevaison ! Reste plus qu’à courir !

2h54 ce qui équivaut au 11ème temps vélo pro et amatrices comprises ! Super chrono au vu des conditions !

Je saute du vélo sur la ligne et cours le ranger à son emplacement. J’évite de peu une bonne gamelle en effet la terre s’est muée en boue et pieds nus la dedans ça dérape pas mal en outre d’être un peu … commment dire ? Répugnant ?

 

A bientôt

 


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